Pour morticia et Ann et qui veut...

Pour se reposer quelques minutes
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Il était une fois, un jeune homme, le Jeantou de la Peyrounette, courageux, vaillant, mais sa famille n’était pas particulièrement riche. Il avait déjà participé à plusieurs expéditions que le roi de son pays avait organisé, il avait été apprécié de ses chefs, décoré, et à cette occasion là, dans un vin d’honneur, il avait rencontré la fille du roi, elle lui plaisait bien, et il ne lui était pas indifférent. Prenant son courage à deux mains un matin, il est allé voir le roi pour la lui demander. le roi, qui était assez près de ses sous hésitait. Ou bien sa fille (et sa femme) lui cassaient les oreilles à longueur de journée avec cette histoire ou alors il ne pouvait pas la jeter dans les bras d’un prince voisin, riche comme Crésus, mais un peu trop grassouillet pour que sa fille, même, le regarde. Aussi, pour gagner du temps : Jeantou toi qui est brave va me chercher les trois cheveux d’or qui sont sur la tête du diable.

Comment diable (c’est le mot), trouver où habite le diable ? Alors avec son baluchon, Jeantou s’en alla à la recherche de qui savait son logement. Arrivé chez la sorcière du village, une brave vieille ma foi, qui préparait des simples et accouchait les femmes il lui demande où il pourrait trouver le diable. Ah pauvre Pitiou, c’est pas la porte à côté. Prends cette route et tu continues sans jamais tourner aux différentes cafourches.
Mais fais bien attention c’est loin et il y a sur le chemin des gens bien malheureux. Le jeune homme la remercie, et marche que marchera, il n’y avait pas de chemins de fer en ce temps là, et pas de grèves non plus alors ça compense.
il arrive au bout de quelques semaines dans un village où tout le monde tirait une gueule d’enterrement. Il demande à l’auberge ce qui se passait et on lui apprend que la fontaine qui faisait la richesse du village : il y coulait du vin blanc, un des meilleurs qu’on connaisse dans tout le royaume. Ils servaient même la table du roi, et il risquait se fâcher contre eux, s’il ne pouvait plus boire ce vin quand il mangeait du poisson. Obligé de se contenter du Picpoul, ce n’est pas digne d’un roi.
La période de l’ouverture de la pêche approchait et c’était terrible.
Jeantou mange à l’auberge avec un vin rouge de Buzet, qui ma foi n’était pas désagréable, et le lendemain, il part, toujours tout droit comme le lui avait dit la brave sorcière de chez lui.

Marche que marchera, quand on se lève matin en fait du chemin…
Au village suivant, encore des figures de caramentran, l’arbre qui donnait de si bonnes pommes est en train de crever, on a eu beau faire tout ce qu’on savait, on a même fait venir le jardinier du Roi, il perd ses feuilles et on craint bien que cette année il n’y ait pas la récolte miraculeuse des autres années. Le roi qui est un gourmand, même s’il est avare, ne leur pardonnera jamais de ne plus avoir les tartes qui faisaient ses délices l’année précédente encore.
Là encore le Jeantou mange et passe la nuit, et s’en va, en promettant au maire que si une idée lui vient il la leur ramènera de son voyage.

Il arrive comme ça à une large rivière avec sur la berge un pauvre homme de passeur, le Paul, qui semble bien malheureux. Embarque, Embarque…Qu’est ce qui t’arrive pauvre passeur pour faire ce mourre ? Eh mon pauvre Jeantou, j’aimerai bien voir du pays comme toi, mais je suis obligé par la loi du roi de rester à ce poste tant que personne ne voudra me remplacer. Et pour le moment il n’y a pas beaucoup la relève Toi qui voyage, Jeantou, s’il te vient une idée je te prie de me la faire savoir. La rivière traversée, bien plus dangereuse que le Lot, avec des tourbillons, et de vilains rochers sous l’eau, le jeune homme repart courageusement et il finit par arriver à une maison de bonne mine bien qu’un peu fatiguée, à moitié creusée dans le rocher.

Une vieille est là qui étends son linge, et quand il voit que chaque pantalon rouge a en son fond un trou bien rond (pour faire passer la queue fléchée du diable bien sûr) et chaque bonnet deux trous également pour laisser passer ses cornes, il sait qu’il est enfin arrivé. Poliment il va voir la vieille et lui demande si elle peut lui avoir les trois cheveux d’or.

Ah mon pauvre Jeantou : le diable c’est mon fils, tu as bien de la chance qu’il soit partir courir ce grand galopier, sinon il te mangerait. Cache toi sous mes jupes, j’entends sa carriole des morts qui arrive il n’est pas bien loin , La mémé portait des grandes jupes qui trainaient jusque par terre comme on faisait autrefois, c’était la seule cachette qu’il y avait dans sa cuisine. Jeantou s’y cache, même que ça ne sentait pas bien bon. Elle avait peur, elle même, de son fils et ça lui tracassait le ventre. Le Diable arrive et commence à renifler «ça sent la chair fraîche» à mon pauvre paic, en dehors du tessou que tu as à moitié mangé à ton repas d’hier soir, il n’y a rien eu de nouveau dans le garde manger. Ça ne fait rien j’ai bien envie de terminer le reste s’il n’y a rien de neuf. La vieille, toujours le Pitiou sous ses jupes fourgonne le feu et met à réchauffer le plat de cochon de la veille. Et pour Jeantou ça sentait je vous dis pas, et ça ne sentait pas la bonne cuisine… La vielle diablesse avait d’autant plus peur qu’elle savait bien qu’elle mentait à son grand diablas de fils. Enfin après avoir mangé sa soupe fait un brave chabrot, dévoré le reste du cochon, descendu chopine entière, le diable s’assoit devant le feu, sur un coussin, devant le cantou, aux pieds de sa mère.

Oh dis donc grand galapian, où es tu aller courir : ta belle bourre est toute défrisée, lui, bien repu, s’adosse contre ses genoux et commence à ronquer. Un ronflement de diable, je vous dis pas il y a de quoi réveiller un quartier ! La vieille avec son peigne commence à lui arranger les cheveux et crac, elle lui arrache un cheveu d’or. Le diable en a trois comme avait dit le roi, mais pour n’importe qui, les attraper, ce n’est pas si facile ! Réveillé en sursaut il se met à chapailler, après sa mère qui s’excuse et lui dit s’être endormi elle aussi, et dans son rêve elle a vu un village dont la fontaine magique ne veut plus couler. Oh c’est rien : ces imbéciles n’ont qu’à tuer le crapaud qui est dans le tuyau, ça coulera comme avant. Il recommence à dormir, ronfle que ronflera et la vieille lui arrache un second cheveu d’or. Mais vous m’avez fait mal faites attention ! Oh mon gosse ne te mets pas encore à rouscailler, je rêvais qu’un arbre qui donnait de si bonnes pommes et en train de crever. S’ils tuent le rat qui mange les racines l’arbre se portera comme autrefois. Là dessus il devait être vraiment fatigué, il se rendors. Elle attends un moment et crac lui arrache le dernier cheveu. Là furieux il se relève : Qu’est ce que tu as rêvé encore. Je vous raconte pas ce que devait supporter le Jeantou, il ne peut plus respirer ! C’est juste un mauvais rêve encore le passeur qui ne peut pas quitter sa place. Que cet imbécile colle les rames dans les mains du premier couillon venu et s’en aille en courant l’autre sera bien obligé de le remplacer.

Là dessus toujours en bassaquant d’avoir été dérangé dans sa sieste, le diable en jurant reprends sa charrette dans laquelle il emporte les damnés de la journée et s’en va dans son abominable bruit de ferrailles en chercher d’autres.

Jeantou enfin peut respirer, il remercie bien la mère du diable prend les trois cheveux d’or, lui fait une bise, et s’en retourne par où il est venu. Le passeur lui demande s’il a trouvé une solution, il attends d’être bien à l’abri sur la berge et lui donne la réponse que lui a donné le diable. Merci lui dit l’autre qui lui lance une bourse d’or pour le remercier. Il arrive au village du pommier et va expliquer au maire ce qu’il faut faire. On le remercie en lui donnant encore une grosse bourse d’or. Il arrive enfin au village de la fontaine et là aussi il explique au maire qui le remercie et lui donne encore une belle récompense, toujours en or. Tout content en sifflotant, il revient au château du roi, avec son chargement d’or.

Amadoué à la vue des pièces le roi lui donne sa fille à marier et tout les soirs durant un mois, viens les embêter chez eux pour lui demander où il a pu trouver tout cet or. Jeantou finit par lui dire le chemin et le roi décide de partir dès le lendemain ramasser une pareille fortune. je vous ai dit que c’était un avare. Arrivé à la rivière, malheureusement pour lui, le passeur voyant ce client lui colle les rames dans la main sous prétexte d’attacher la barque et s’en va en courant.
Le roi a donc du le reste de sa vie faire le passeur. Faute de roi, on a choisi Jeantou mari de la fille du précédent, comme il était bon garçon le pays a prospéré ils vécurent heureux et eurent quelques enfants.

Cric crac moun counte es acabat.
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l était une fois un brave commerçant, qui avait eu toute sa vie des ennuis à cause de sa femme. Peut-être aussi à cause de quelques autres, mais le conte ne le dit pas.
Pour cette raison, il avait élevé son fils Pierrou, dans l’ignorance totale de la femme et de tout ce qui s’ensuit. Son magasin, d’ailleurs n’était fréquenté que par des hommes.

Pierrot grandissait et qu’est ce que vous voulez, ça arrive dans les familles : il ne se faisait pas bien dégourdi.
Un jour alors qu’il bâdait aux corneilles devant la porte, il voit passer une fille, toute bravette, bien gaillarde avec son petit tablier fleuri. Plus il la regardait plus il la trouvait gentille et il aurait voulu la regarder de plus près encore. Son père qui arrive lui dit : «ne regarde pas ça mon fils, c’est le diable» !
«Eh c’est bien joli le diable» se dit Pierrou… Il y songea longtemps un peu trop sans doute, parce que lorsque son père partit pour un long voyage pour ses affaires, en lui laissant le magasin, il lui expliqua bien le commerce le prix des choses, ce qu’on pouvait rabattre, mais il lui fallait partir. Pierrot se débrouilla plutôt bien d’ailleurs les affaires marchaient toujours aussi bien, aussi, se croyant avantageux, il s’est mis en quête de son joli diable.

Et il la retrouva… à force de la trouver et de la retrouver, de l’examiner de loin, de près d’en haut, d’en bas, eh pardi, il a fini par l’épouser.
De ce jour là, on aurait dit que le magasin avait décidé de se venger, et pardi, elle aidait bien, les bonnets de dentelle, les châles brodés, les chaînes dorées, les jolies chaussures, et puis le café, les bons petits plats, en quelques mois, tout a été raclé. Le pauvre Pierrot n’y comprenait rien. Il voyait bien que ça ne marchait plus comme avant, c’était plus dur pour payer les traites, difficile de trouver assez pour la TVA… Mais il ne savait que pleurnicher : «Ah mon père qu’est ce qu’il va dire mon père quand il rentrera».
«Ton père pauvre couillon, c’est bien de sa faute : s’il t’avait élevé comme tout le monde tu n’en serais pas là» les femmes n’aiment pas qu’on ait peur des parents.
Il avait beau prier le bon Dieu, les sous ne venaient pas plus vite.

Pendant ses moments de désespoir il avait pris l’habitude d’aller se promener dans le bois sur Reyssac, qu’il y avait à ce moment là, avant qu’on y mette ces villas qui ressemblent à des morceaux de sucre. Au moins à la saison il pouvait revenir avec des girolles.
Il geignait en pensant à sa caisse quand le diable qui est toujours à la recherche d’une âme à récupérer, comme chacun sait, ne se le fit pas dire deux fois. depuis quelques jours il guêttait l’affaire et le lendemain à la cafourche de la Sylvestrie, il était là.
Tout le monde devrait savoir qu’il aime les cafourches de chemins c’est bien pour ça qu’on y a mis longtemps des crucifix. D’ailleurs ceux qui veulent le rencontrer n’ont qu’à y aller vers minuit, avec une poule noire sous le bras, et il suffit de crier «Poule noire à vendre» pour qu’un gros chat noir vienne se frotter à vos jambes et que le diable arrive.
Quand on a pas de poule noire, il parait que crier trois fois «Robert» peut suffire.

Bref tout ça pour dire que le Pierrou, il n’en menait pas large.
C’était un diable un vrai, avec sa barbette bien pointue ses cornes et une queue fléchée, pauvres amis, qui ne criait pas misère.
Tout simple qu’il était Pierrou l’a reconnu tout de suite.
«Alors Pierrou, ça va mal les affaires» ?
«M’en parlez pas quand mon père va revenir de son voyage, il est capable de me prendre à coups de bâton, et avec ça, ma femme qui me fait une vie..;»
«On devrait pouvoir s’arranger : dis moi combien il te faudrait pour t’en sortir, payer tes fournisseurs les taxes et tout le tintouin»
« Ah monsieur le diable pour bien achalander le magasin à nouveau, payer les taxes et tout le reste il me faudrait bien vingt mille Francs» C’était des Francs de l’époque bien sûr et c’était sa femme qui le lui avait dit. Bien entendu il n’en fallait sans doute pas autant.
«eh bien Pierrou je suis un bon diable je veux bien te les prêter» il relève un peu sa queue et d’une poche qu’il avait là dessous il sort une grosse bourse bien remplie, drelin drelin… Le Pierrou tendait déjà la main.
«Attends un peu tu es bien brave, mais je te les prête pour trois ans, sans intérêt, mais n’oublie pas, il te faudra me les rendre, sinon, il pourrait t’en cuire» !
Il se le voyait déjà au bout de la fourche, mais Pierrou ne compris pas l’allusion, il était trop content de la bourse il en oublia même de dire merci.

Le plus malheureux c’est que si les gourmandises et les fichus de soie ont recommencé, les affaires ne s’arrangeaient pas pour autant, le percepteur ne l’oubliait pas et les clients devenaient rares. Au bout des trois ans, le Pierrou était pauvre comme un rat d’église, va rembourser le diable avec ça.
Au jour dit, au rendez vous de la cafourche le diable attendait Pierrou. Le pauvre s’expliqua si bien que le diable lui donna huit jours de plus. Eh monsieur le diable en huit jours jamais je n’y arriverai.
Bon je te vois bien brave là je vais t’arranger. Je te laisse les sous définitivement si dans huit jours tu peux me dire quel âge j’ai, et méfie toi, les diables ça vit longtemps. Et puis aussi, il te faudra trouver mon nom de diable tu sais comme Belzébuth, Lucifer, etc… j’en ai un moi aussi. Trouve moi les deux réponses je te fais grâce de tes vingt mille Francs.
Huit jours ça passe vite, Pierrou faisait vraiment vilaine figure. Sa femme qui si elle était coquette l’aimait bien et elle n’était pas bête, lui fait raconter toute l’histoire, les habitudes du diable, et tout et tout.

«Il y aurait peut-être un biais, ton père t’as fait si simplardel, qu’il faut penser pour toi».
D’abord va dans l’étable, et plume moi toutes les poules, leur ventre surtout et tu mets tout ça dans l’auge. Pierrou y va, il plume il y en avait peut être une cinquantaine, et il met tout ça où elle lui avait dit. Elle le fait déshabiller entièrement, va chercher de la mélasse la lui verse sur la tête et le roule dans le tas de plumes. Là dessus elle prends un poireau, bien vert, et te le lui pigne là où je pense. Il était bien plus laid que la bête de l’apocalypse !
Elle lui explique alors ce qu’il doit faire habillé comme ça.

Pierrou s’en va à Reyssac là où le diable se promenait souvent, il monte dans un peuplier, bien haut et se met à chanter le plus fort qu’il peut. Le diable au bout d’un moment qu’il se dégourdissait les jambes vient à passer il l’entends, il le regarde, se frappe le front : «putain de merde (les diables ne sont pas polis tout le monde le sait) j’ai beau avoir trois mille cinq cent quarante deux ans je n’avais jamais vu pareille bête».
Vous pensez bien que le chiffre n’était pas perdu pour tout le monde. Le diable s’éloigne, Pierrou descend de l’arbre et va se poster sur un châtaignier un peu plus loin, et il recommence à chanter, toujours aussi fort. Le diable arrive, lève la tête : «Aussi vrai que je m’appelle Ricouquet je n’ai jamais entendu pareil bordel» toujours grossiers les diables.

Pierrou était tout requinqué, après s’être bien lavé bien rhabillé il va en sifflotant à son rendez-vous.
«Alors cette fois tu l’as mon argent» ?
«eh non pas mieux que la dernière fois».
Aquesté cop, lou teni : Alors dis moi mon âge.
Le Pierrou le tourne; le retourne, comme un maquignon qui veut acheter une vache. soulève la queue pour voir s’il tombe en blanc, et après l’avoir bien fait lanterner, il lui dit son âge .
«Tu as de la chance, mais ce coup ci je te tiens dis moi comment je m’appelle je te donne trois coups»
«Euh vous vous nommez Chrisopompe» ?
«Non encore deux»
«Vous vous appelez Bélial» ?
«Non le dernier»
«Et si c’était Ricouquet» ?
Il n’a pas eu le temps de remercier, le diable est parti sur un gros pet.
Et voilà.
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...ET voilà...........

Du diable si j'ai compris la jolie dernière histoire ..........de pet ! :carton
Par contre..........de nouveaux mots = j'aime :top:

Jeantou de la Peyrounette ::D: :1er:

Très agréable moment de paix et de lecture :read:

Merci infiniment Bernard !!
Comme c'est apaisant .........
Es- tu conteur dans la vie ???

:flo: :wub:
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Oh non, je me contente d'être bavard et de raconter des tas d'anecdotes qui font que ma femme me le reproche. Alors comme ici elle ne vient pas me dire que je la saoule j'en profite. Et puis j'adore les contes traditionnels. les histoires ne sont pas de moi, je ne fais que les raconter à ma façon.
On ne parlait certainement pas de TVA lors des veillées où le conteur traditionnel, un voisin ou une mémé voisine, venaient dans les fermes. Je raconte à ma façon comme je raconterai à mon petit fils si les jeux vidéos ne l'empêchaient pas d'écouter.
Ann

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Avec moi vous pourrez être bavard, j'adore vos contes Un grand merci :wub:
Je suis une lectrice assidue
Je reconnais que parfois je suis obligée de me servir de mon ami google pour tout comprendre ::o: :;): :lol:
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Ann a écrit : Avec moi vous pourrez être bavard, j'adore vos contes Un grand merci :wub:
Je suis une lectrice assidue
Je reconnais que parfois je suis obligée de me servir de mon ami google pour tout comprendre ::o: :;): :lol:



Tout est vrai dans ce que tu dis Ann............vrai pour moi en tout cas !

J'ai dû aller 4 x consulter M'Sieur gouguelle pour la définition de quelques mots non connus .
Lectrice compulsive aussi ........... :read: Je ne saurais m'endormir sans lire avant .

Mais j'adore écouter les " conteurs " .........c'est un don ...... :wub: :flo:

:smack:
Ann

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morticia a écrit :

Très agréable moment de paix et de lecture :read:

Merci infiniment Bernard !!
Comme c'est apaisant .........


:flo: :wub:

Je dirai que ce fil est rafraichissant :wub: :flo:
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Il y avait une fois à la ferme de Lagrémie un fermier si courageux et si vaillant à l’ouvrage qu’il vivait heureux avec sa femme et sa fille Marinette. Elle avait grandi à la ferme avait été sagement à l’école, et en plus elle était jolie comme un sou neuf ce qui ne gâte rien. Un jour pour leur malheur la mère mourut. Mariette resta à la ferme pour aider son père. Elle remplaçait le travail de sa mère s’occupait des poules, de gaver les canards, de faire le ménage et en même temps quand le père rentrait, la soupe était prête la chopine pour le chabrot à côté, le fermier n’était pas le plus malheureux.

Mais un jour, la chair est faible, il se remaria avec une veuve dont la fille Catinou avait été fort mal élevée. Elle ne voulait jamais travailler, n’avait en tête que des bêtises, des sorties dans toutes les fêtes votives de la région, et sa mère qui la bâdait la laissait faire. Tout ce qu’elle faisait était bien. Et pourtant cette Catinou avait la peau brune comme un criquet les yeux un peu chassieux. Mais pour la mère rien n’était trop beau pour elle. Toutes les deux s’entendaient contre Marinette et lui faisaient mille méchancetés.
Le père le voyait bien ma foi, mais il n’osait rien dire : la veuve avait de plus, le balai facile pour lui caresser l’échine. Alors quand elles se plaignaient de Marinette il se taisait et changeait de conversation. Elle était devenue leur servante et faisait tout dans la maison on ne lui laissait pas un moment de répit. Laver la vaisselle, récurer les casseroles aller chercher l’herbe pour les lapins, elle devait aller au bois lier les fagots, porter sur son dos le grain au moulin ou encore aller vendre les légumes et les foies au marché de Sarlat, devant la cathédrale. Quand encore elle ne devait pas rapetasser les dessous de la Catinou.
La Catinou, elle, passait son temps à se pomponner, elle avait mêlé un peu de farine à la poudre de riz pour la blanchir encore, et elle était de toutes les fêtes, de toutes les foires avec chaque fois des robes neuves. Elle trouvait encore le moyen d’être jalouse de Marinette qui travaillait pendant qu’elle s’amusait, et montait sa mère contre elle.

Chaque fois la marâtre allait se plaindre au vieux, qui n’osait plus rien rien dire : Elle le chapaillait «ta fille est une feignante elle ne fait rien dans la maison et laisse tout faire à ma pauvre Catinou, Ça ne peut pas durer comme ça, il faut nous en séparer, elle n’a qu’a aller se placer, je ne veux plus la voir dans la maison». Il savait bien le pauvre que sa femme ne disait que des mensonges, mais il se contentait de dire : «tu me casses la tête : nous verrons, nous verrons».Si bien qu’un jour après une dispute encore pire que les autres, il finit par dire à Marinette :
«Écoute petite, tu sais que je t’aime bien et que je voulais te voir heureuse. Mais ma vie est un enfer, toi aussi tu souffres et il vaut mieux pour toi d’aller chercher une place, ça ne sera jamais pire qu’ici. Je sais que tu es vaillante, ne change pas : écoute bien tes patrons, et si tu peux, envoie moi quelques sous pour mon tabac, ça me fera bien plaisir.

La pauvre Marinette était bien malheureuse de s’en aller comme ça et de laisser son pauvre père tout seul avec ces deux emmerderesses. Mais la situation était devenue telle qu’il ne lui restait plus qu’à obéir. Elle s’en alla un peu au hasard, ne sachant pas trop ce qui serait le mieux pour elle. Il y avait un brave moment qu’elle marchait quand elle vit arriver vers elle une petite chienne bien mal en point. Elle était toute maigre et toute couverte de mal, on voyait les puces courir dans ses poils. Brave petite dit la chienne ait pitié de moi, soigne moi et si ça se trouve un jour je pourrai te rendre le bien que tu m’auras fait. La gentille fille la lave, la soigner , lui tue les puces et peut-être même quelques tiques, et quand elle la voit en meilleure forme elle reprend son balluchon et continue son chemin.

Au bout de quelques kilomètres, sur le bord de la route elle voit un poirier. Le pauvre malheureux était tout couvert de chenilles. le poirier lui dit «brave petite nettoie moi les branches et le tronc, ces sales bêtes me pompent toute ma sève. Peut être qu’un jour, si ça se trouve je pourrai te rendre le bien que tu m’aura fait. Marinette se met à l’ouvrage et comme elle était entraînée au travail de la ferme de son père, débarrasse vite le poirier de ses parasites, cette enlève les branches mortes, et enfin elle continue sa route.

Un peu plus loin elle rencontre une source. Cette source était envahie de vase, de mauvaises herbes, des larves de moustiques remontaient sans cesse à la surface et les cancarignolles frétillaient avant de devenir de gros crapauds. La margelle qui l’entourait était toute couverte de mousse. La source lui dit : «regarde si je suis sale, nettoie moi, que je ne peux pas le faire et si je peux un autre jour, je te le rendrai bien. Marinette se met à quatre pattes enlève la vase les mauvaises herbes elle jette les cancarignolles et les larves de moustique dans le pré d’à côté nettoie la margelle de sa mousse, et s’en va continuer son chemin. La route à ce moment là arrivait dans un grand bois, au coin du bois il y avait un vieux four, tout branlant. On aurait retiré une des pierres il serait tombé comme un château de cartes. Les pierres ne tenaient pas plus que les dents d’une vieille. «Regarde comme je suis mal en point lui dit le four essaie de me réparer un peu si je trouve moyen, je te remercierai plus tard. Vaillante, Marinette va prendre de l’argile qu’il y avait un peu plus loin et te répare le four qu’à la fin on aurait cru qu’il était neuf. Et elle continue sa route.

Il faisait bien sombre dans le bois mais au matin après avoir un peu dormi sur la mousse, elle arrive devant une maison. Toujours dans l’idée de se placer, elle frappe à la porte et une vieille femme vient lui ouvrir. «que voulez vous mon enfant» ? «Je cherche à me placer, je sais tenir une maison et m’occuper d’une basse cour, les soeurs de la Miséricorde m’ont appris à lire, à compter et à coudre». «Tu tombes bien mais attention, ici le travail est un peu particulier. le matin, comme maintenant tu vois, il faut chauffer de l’eau, appeler mes bébés, mes petits chéris; leur donner à manger et les laver. Ensuite quand je vais revenir à midi, il faut que le repas soit prêt, juste chaud que je ne perdes pas de temps. Sais tu faire ? Oh oui lui dit Marinette, alors chauffe l’eau et occupe toi de mes petits chéris moi je pars à la messe. Mariette fait chauffer son eau, quand l’eau est prête elle se met au pas de la porte et appelle les bébés de la dame. Elle voir sortir de tous les coins du bois des dragons, des serpents, des fois même un mélange des deux. Courageuse elle les prends un après l’autre les lave les savonne, les rince, les sèche.. Ensuite elle les nourrit avec ce que lui avait montré la vieille, et se met à la cuisine. Elle avait juste terminé quand la vielle est revenue. Elle a mangé de bon appétit en trouvant même que c’était bon, elle a eu son café juste quand il fallait et a félicité Marinette pour son travail. Dans l’après midi, la vieille qui était une sorcière, vous l’avez deviné, lui demanda pourquoi elle était là comment elle était partie et tout ça. Marinette lui raconta ses malheurs avec la marâtre et la Catinou, et la détresse de son pauvre père. Après avoir bien dormi une nuit dans un bon lit, au matin la vieille la fait venir et lui dit : écoute ma fille tu as travaillé comme il fallait, je suis bien contente de toi. Monte au grenier, il y a des coffres : prends celui qui te plaît je n’ai pas de sous pour ton salaire mais ça devrait aller. Ne l’ouvre surtout pas, tu pourras seulement le faire quand tu seras avec ton père, pas avant.

Marinette toute gênée monte au grenier, il y en avait des coffres, de toutes les tailles, de tous les âges. Pour ne pas gêner la bonne vieille elle prends le petit, tout vermoulu, elle va bien remercier la vieille et s’en va le coffre sur l’épaule. Cette fois elle prends un chemin un peu différent de l’aller et sort bien plus vite du bois. Sur le bord du four il y avait de superbes coques qui refroidissaient, la bonne odeur de fleur d’oranger embaumait tout le coin. Elle s’approcha, le four lui dit d’en prendre : elle déjeuna de ces belles coques en emporta quelques unes pour la route, et la voilà repartie. Arrivant à la source elle s’arrête il y avait sur la margelle deux gobelets en argent. la source lui conseille d’en prendre un. Elle boit la bonne eau bien fraîche et reprends sa route. Le poirier était couvert de belles poires quand il la vit arriver, il baissait même ses branches pour qu’elle se serve. Elle en mangea à satiété en emporta quelques unes pour la route et repris son chemin. Enfin quand elle arriva à l’endroit où elle avait soigné la petite chienne, elle était là, toute belle, se tortillant en aboyant du plaisir de revoir Marinette. Elle avait un beau collier d’or et de pierres précieuses elle lui dit de le prendre.

Enfin Marinette a fini par arriver à la ferme. Son père était tout seul devant la porte, à égrainer du maïs pour nourrir les canards. Tout triste. Quand il la vit arriver bien sûr il était tout heureux. quand ils se furent bien cajolés, Marinette donna des coques et des poires à son père, le collier en or, le gobelet d’argent, et ils se décidèrent à ouvrir le coffre. Il se mit à sortir de ce coffre des chevaux, des juments des boeufs des vaches, des taureaux, des oies, des canards, des poules, et même des dindons, Ils étaient tout petits comme des jouets d’enfants mais dès qu’ils s’éloignaient un peu, ils reprenaient une taille normale. C’était une véritable fortune que Marinette avait ramené sur l’épaule.

Alors qu’ils se félicitaient de cette bonne fortune arriva la marâtre avec la Catinou : À qui sont toutes ces bêtes d’où viennent elles ?
Elles sont à Marinette c’est elle qui les a gagné et elle vient de me les rapporter. La marâtre tirait un nez de six pieds mais la Catinou se moquait. «Votre fille est une imbécile c’est de l’argent qu’il fallait ramener, toutes ces bêtes il va falloir s’en occuper ne comptez pas sur moi ! Et raide comme un piquet de vigne la Catinou s’en alla elle aussi faire fortune. Sans s’en douter elle prit le chemin qu’avait suivi Marinette. Comme elle elle rencontra la petite chienne malade, le poirier rempli de chenilles, la source, le four… mais chaque fois elle leur répondait qu’elle était partie pour faire fortune et n’allait pas perdre son temps à des travaux qu’elle jugeait inutiles. je ne suis pas votre bonniche !
À force de tours et de détours elle arriva elle aussi à la maison de la sorcière. Mais là aussi fidèle à elle même quand les petits sont arrivés elle leur a jeté l’eau bouillante dessus pour les faire partir. Quand la sorcière est rentrée le repas était tout brulé elle a du se contenter d’une frotte à l’ail.
Comme elle n’était vraiment pas méchante l’après midi elle resta parler avec Catinou. Le lendemain au matin elle lui dit : ‘écoute tu n’as pas bien fait ton travail, ton caractère ne me plaît pas trop, mais tu es jeune ça s’arrangera peut-être, monte au grenier et prends toi un coffre, tu pourras l’emporter».

La Catinou monte au grenier, choisit le plus beau coffre, tout beau, tout neuf avec des parements d’or et elle s’en va sans même dire merci à la sorcière. Quand elle arriva au four il y avait bien les coques mais la chaleur était si vive qu’elle se brula en essayant d’en prendre une. Arrivée à la source quand elle voulut boire le niveau baissait en même temps que sa bouche et quand elle toucha la vase une belle bouse de vache venant on ne sait d’ou vient éclater la maquillant entièrement. Arrivée au poirier les branches couvertes de superbes poires se relevèrent et le poirier grandit assez pour toucher les nuages. Ne parlons pas de la petite chienne qui avait retrouvé la santé et qui la poursuivit en lui mordant les mollets et les fesses. Toute crottée elle arriva enfin à la ferme. elle fit un signe à sa mère qui était en train de sulfater la tonnelle, et toutes les deux sont allé se cacher derrière la forge pour ouvrir le magnifique coffre. Il n’était pas sitôt ouvert qu’une foule de serpents de crapauds et de couleuvres qui se jetèrent sur elles et n’en laissèrent rien. Quand tout fut fini, jusqu’au dernier bout, toutes ces bêtes rentrèrent dans le coffre qui s’envola.

Le vieux père et Marinette débarrassés des deux poisons vécurent heureux, comme ils étaient devenu les plus riches du pays, tous les garçons voulaient se marier avec elle, mais elle choisit le plus travailleur et le plus courageux. Ils firent une noce à tout casser, mais ils ne m’ont pas invités.

Cric cric mon counto es finit
Ann

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J'utilise des expressions du sud ouest, je ne suis pas certain que vous les trouviez sur Google. Mais j'espère qu'avec le contexte...
Je n'invente rien ce sont des contes que j'ai lu, qu'on m'a raconté ... je ne fais que raconter à ma façon des histoires traditionnelles.
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Il y a un domaine de Lagrémie pas loin de chez moi.... :;):
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Bien évidemment...
morticia Avatar de l’utilisateur

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....Que c'est joli !!

Régal !!
Conte très moral où je retrouve des petites touches persos sans aucun doute ... :flo:

C'est vrai que certains mots = pas trouvés !! hi hi....

mais je me " doute " de leur signification ...ça fait partie aussi de l'ambiance des contes .......

Je regrette beaucoup que tu n'aies pas été invité aux noces de Marinette !



:clap: :wub:


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Dernière édition par morticia le 15 Déc 2017, 15:59, édité 1 fois.
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