Maître Alpha ..... - page 3

Pour se reposer quelques minutes
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La classe je l'ai connue presque comme sur la photo, ce n'était pas un instituteur, mais une institutrice, elle nous donnait des baffes et nous faisait chanter "honneur et gloire à l'école laÏque qui nous a appris à penser librement".
D'une école religieuse on était passé à une autre religion, qui se réunissait avec des petits tabliers sur le ventre et des momeries ridicules (parce que laÏques sans l'excuse de vouloir plaire à un Dieu).

Le chabrot, ce n'est pas si oublié que ça, je tiens toujours à maintenir la coutume dans ma famille, mes filles s'y sont risqué. Faut pas laisser perdre les bonnes choses. "Un bon chabrot vaut une chemise sèche" disaient les moissonneurs.

Faire sa saucisse soi même comme ces gens avec le hachoir, j'ai connu ça il y a bien longtemps dans la cuisine de ma grand mère, quand avec des amis mon grand père se partageaient un cochon. Dans les années 70 encore Marc Garanger, un excellent photographe de publicité avait réalisé un "film cochon", qui débutait par le départ au petit matin, sur sa mobylette : du tueur, qui venait donner le départ pour transformer "lou moussu" ou "le sénateur" (noms donnés d'habitude au "tessou") en charcuteries diverses.

Je me souviens bien des "péteïrolles" pendues sous une étagère pour faire sécher le "grillon". À la ville, nous avions la glacière isolée par des épaisseurs de balsa, faute de polystyrène, et le livreur qui portait des pains de glace. D'ailleurs à la faillite d'une fabrique de glaciaires nous avions acheté avec des copains une poutre de balsa de quatre mètres de long, ramenée à pieds, en traversant la ville les gens nous trouvaient sacrément costauds... Le matin on entendait crier le "peïarot" il venait ramasser les peaux de lapins et les "peilles" vêtements hors d'usage.

Manque de télé ou de téléphone ? sur la route d'Agen, la maison de mes grands parents où nous allions passer les vacances d'été, au début des années cinquante n'avaient pas ces modernismes. Nous nous éclairions au pétrole, les voisins s'éclairaient au carbure. L'eau venait du puits et Dieu seul sait le "jus" de quels insectes nous buvions; personne n'en est mort. Le beurre se conservait dans un bol d'eau pour ne pas qu'il rancisse. Le reste dans le garde manger aux mailles trop fines, même pour les moucherons.

La famille le soir parlait, racontait des histoires, jouait aux cartes, selon l'inspiration du moment. À force d'imaginer des contes mon père et mon oncle pour jouer aux speakers de radio, ont improvisé un soir des chansons qui ont été accepté à la SACEM de l"époque; (ce n'est pas pour autant qu'elles ont été jouées). Avec mes frères nous dessinions les aventures de différents héros, le conducteur du tracteur jouet en était la vedette c'était bien pratique parce qu'assis on pouvait le mettre dans les avions, les bateaux, que nous fabriquions la journée. Mon oncle nous aidait il avait dans les années précédentes, pendant la guerre collectionné des photos d'avions: spitfire, mustang, thunderbolt, corsair, découpées et collée dans des carnets avec au milieu la fusée lunaire d'Ananof et sans doute aussi des engins dus à Alex Raymond ou Mac Raboy, qui n'avaient rien de scientifique. Le dimanche je me souviens avoir vu mon père et mon oncle jouer au tennis sur la Nationale 21, en s'écartant lorsqu'une voiture arrivait. Ce serait dur aujourd'hui...

Qui se souvient encore, je ne cesse de le regretter, de la chasse volante ou chasse Galière ? Qui se souvient d'éviter les lavandières de la nuit ? La cambo cruzo, le drac, le lébérou ? Qui sait encore que c'est la chaucho vieilho qui vient se coucher sur son ventre la nuit après un repas de carnaval, et pèse de plus en plus au risque même de l'étouffer ? Qui se méfie de la maraouque cette bête qui vit dans les mares et attire les petits enfants pour les noyer ? Qui raconte encore les trois cheveux d'or du diable (des plumes certaines fois) ? Qui connaît les exploits de Jean de l'Ours ?

Dans le pays de Morticia, je l'ai appris plus tard la chasse Galière s'appelle la mesnie Hennequin, mais c'est la même !
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Il y de cela bien longtemps j'ai connu à l'école cette coutume humiliante le bonnet d'âne :angry:
L'élève qui le portait devait faire le tour de la cour devant toutes les élèves réunies

Les vacances chez un oncle et une tante, les toilettes dans la cabane au fond du bois,
l'eau dans la citerne, et une cassotte pour se laver les mains
Je n'ai pas souvenir de l'eau courante
Et il y bien longtemps que je ne fais plus "godaille" ou chabrot

Autres vacances chez des paysans
Nous allions garder les vaches, la traite le soir et le goût du lait encore chaud
Grimper dans la charrette pour ramasser le foin
La sieste, dans la chambre il y avait des nids d'hirondelles, à défaut de compter les moutons nous comptions les hirondelles

J'ai connu aussi les wagons sncf en bois et la troisième classe

J'avoue que maintenant j'apprécie un certain confort ::D:
Il en va de la cuisine comme des plus belles œuvres de l'art : On ne sait rien d'un plat tant qu'on ignore l'intention qui l'a fait naître.
- Daniel Pennac / Le dictateur et le hamac -
morticia Avatar de l’utilisateur

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Que c'est rafraichissant ce topic !!!
Merci Ann........merci Bernard ........

Mais je dois aller consulter souvent M 'Sieur Gouguelle ............car il y a trop de termes que je ne connais pas .

Chabrot ?....péteïrolles ?.... faire sécher le "grillon". ..??.......... je ne cesse de le regretter, de la chasse volante ou chasse Galière..?.......

...La cambo cruzo, le drac, le lébérou ? Qui sait encore que c'est la chaucho vieilho qui vient se coucher sur son ventre la nuit après un repas de carnaval, et pèse de plus en plus au risque même de l'étouffer ? Qui se méfie de la maraouque cette bête qui vit dans les mares et attire les petits enfants pour les noyer ? Qui raconte encore les trois cheveux d'or du diable (des plumes certaines fois) ? Qui connaît les exploits de Jean de l'Ours ? ???, :dur:

:read: :clap:


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Indiana

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Moi à la colo du curé, pour partir de Jullianges et aller à pied au Puy en Velay, non loin de l'habitation de Jules, nous faisions une étape avec une nuit passée chez le paysan accueillant. Cela se passait pas mal, avec des moments de rigolade, mais une nuit se fut plus bruyant. Un "grand", quelques années de plus que nous s'était couché sur une merde de poule, comme il le disait avec un mécontentement avéré.
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Ça n'empêche pas d'apprécier le confort actuel Ann, les toilettes dans le jardin ou sur le palier ne sont pas mon idéal. Pas plus que la lampe à pétrole.
Je sais que faire chabrot, pour une dame, il vaut mieux ne pas être en compagnie, et puis les assiettes à chabrot ne sont plus aussi répandues, on risque de se mettre du vin sur la chemise.
Dans la chambre, chez ma grand mère, j'aurai préféré les hirondelles aux énormes araignées qui venaient de la grange voisine.
Mais que la télé ait remplacé toutes ces légendes du folklore Français m'ennuie quand même. On parle maintenant de super héros : Jean de l'Ours, Meule de moulins, Tord chênes, ou Porte montagne en étaient, dans leur genre. Plus paysans bien sûr et sans costumes moulants.

TRADUCTION POUR MORTICIA:
Chabrot, Chabrol ou godaille plus au nord , c'est quand on a presque terminé sa soupe de verser une chopine entière dans le reste de soupe et de boire vin et soupe mêlés.
La péteïrolle c'est la vessie du cochon, dans la quelle on met une fois toute la cuisine terminée les restes de viande qui se trouvent au fond de la graisse. On égoutte bien on assaisonne largement et on met à durcir dans la vessie du cochon. On s'en servira en hors d'oeuvres, un peu comme de rillettes, mais les morceaux sont plus gros.
C'est ça le grillon d'autres disent gratons.
La cambo cruzo, c'est une jambe sans doute coupée à un des maudits de la chasse volante (chasse Galière, chasse gallery, chasse du roi Artus, chasse sauvage, etc) maudite elle suit la chasse en gémissant rends moi ma cuisse. Elle est dangereuse à rencontrer non seulement elle parle mais elle mange aussi le pauvre égaré.
Le drac ou cheval malet c'est ce cheval qui à la fin d'une fête attends les retardataires qui ont trop profité de la fête. Il semble tout doux tout sympa, aussi pour rentrer plus vite les fêtards montent sur son dos, il en monte un, puis deux, comme ça jusuq'à quatorze. Alors il part en courant et si personne ne pense à se signer il noie tout ce monde dans le Lot, la Dordogne, Garonne ou autres.
Le lébérou c'est le loup garou, il va près d'une mare à la pleine lune s'habille de sa peau de loup et saute sur le dos du promeneur attardé et l'oblige avant le matin de faire le tout de sept paroisses. Avec le manque de prêtres actuels ça doit durer un bon moment... Quand c'est une femme elle se transforme généralement en lièvre parfois en mouton et c'est une birette ou une garache. Leur malédiction s'appelle "courir la galipote" il leur faut bien sûr au matin avoir posé leur peau et rentrer chez eux sans se faire voir. On les reconnaît en général à ce qu'ils vous serrent la main en présentant leur paume en dessous.
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...L'avait un fille le fermier accueillant ???..............en parlant de poules hein ! ....... :lol: ::p:
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Taisez vous donc bande de nostalgiques. Et regardez l'avenir en face ...comme J-Vré vous le recommande. Dans le Macron tout sera bon. :ptdr1: :ptdr1:
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Nous avons déménagé ma maman pour qu'elle vienne habiter avec nous (96 ans) et avons tout laissé derrière nous. Je regrette un certain grand bahut en merisier qui appartenait à ses grands parents. Dommage il n'a pas pu suivre pas de place dans ma maison
Nous avons laissé les assiettes "creuses" pour la soupe et aussi il me semble des cuillères sur lesquelles on mettait un sucre pour le faire fondre avec un genre de pastis
Que de souvenirs remontent :;):
Il en va de la cuisine comme des plus belles œuvres de l'art : On ne sait rien d'un plat tant qu'on ignore l'intention qui l'a fait naître.
- Daniel Pennac / Le dictateur et le hamac -
Dernière édition par Ann le 06 Déc 2017, 19:04, édité 1 fois.
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Pas de pastis mais "la fée verte" l'absinthe, dont raffolait la belle époque et qui rendait fou : on ne savait pas enlever la tuhyone (je ne sais plus ou mettre le "h") des tiges et il en restait beaucoup trop dans les absinthes de mauvaise qualité.
On refait de l'absinthe avec les mêmes recettes qu'avant l'interdiction, mais avec le moins possible de tiges contenant cette molécule.
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jules a écrit : Taisez vous donc bande de nostalgiques. Et regardez l'avenir en face ...comme J-Vré vous le recommande. Dans le Macron tout sera bon. :ptdr1: :ptdr1:

:lol: :lol:
Je me souviens d'un visite des temoins de Jehovah, voulant me parler de mon avenir avec Jehovah, pas de bol j'ai répondu pour moi mon avenir est derrière moi :lol:
Il en va de la cuisine comme des plus belles œuvres de l'art : On ne sait rien d'un plat tant qu'on ignore l'intention qui l'a fait naître.
- Daniel Pennac / Le dictateur et le hamac -
jules Avatar de l’utilisateur

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J'ai un souvenir assez plaisant, qui remonte à une bonne trentaine d'années. A l'époque nous avions souvent la visite de deux religieuses - des tantes à ma femme .. pas des cloitrées mais profs d'anglais toutes les deux ..assez "ouvertes" aux réalités de la vie ...nous parlions souvent politique mais jamais religion..(elles sont maintenant toutes deux décédées)..
Un jour que nous attendions leur visite, nous avons vu débarquer les Témoins de Jéhovah (le couple habituel) qui commençait à me vanter les joies de l'au delà juste au moment ou la deudeuch des "frangines" descendait l'allée qui mène à la maison.
Je dis aux deux emmerdeurs : "Tenez, je vous laisse vous expliquer avec la concurrence" .. Je n'eus pas le temps de finir ma phrase qu'ils avaient déja fait demi tour et se sont croisés à mi chemin ave "l'ennemi"
En descendant de la bagnole et avant que j'ai pu placer un mot, une des tantes me dit: "Ah ça c'était les témoins de Jéhovah" ... comme quoi ils se connaissent bien, à défaut de se fréquenter...
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Dernière édition par jules le 06 Déc 2017, 19:47, édité 2 fois.
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J'en ai reçu plusieurs fois en les faisant entrer dans le séjour pendant que je suis en train d'y peindre. Ils sont assez faciles à démonter en définitive, ils ignorent à peu près tout de la Bible "normale" leur traduction étant des plus fantaisistes. Ils ignorent tout autant l'évangile de Thomas, mon préféré, alors ils me citent des passages, je leur cite les miens, et généralement "la chef" parce qu'il y a celui ou celle qui parle, et la ou le chef qui surveille, se lève et entraîne l'autre avant que la ou le convertisse à des idées subversives.
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Ce qui les dérange : je dis ça pour ceux sur qui ils risquent tomber, c'est qu'on leur dise que le pluriel de majesté n'a jamais existé en Hébreu, et que Elohim (que l'on trouve aussi dans le coran d'ailleurs), qu'ils traduisent par Dieu est le pluriel d'eloha. Il faut donc traduire par "les Dieux" -ça part mal-.
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